VENDREDI 28 SEPTEMBRE 2018
JOURNÉE OFFICIELLE DE L’ARMÉNIE

Sous la présidence de Martine VASSAL, Présidente du Conseil départemental, 1ère Vice-Présidente de la Métropole Aix-Marseille-Provence et en présence de Vartan SIRMAKÈS - Consul Général de la République d’Arménie. - Invité d’honneur : Ara KHATCHADOURIAN sportif de l’extrême

PROGRAMME
11h. Inauguration du Pavillon par Martine VASSAL
Présidente du Conseil départemental des Bouches du Rhône
1ère Vice-Présidente de la Métropole Aix-Marseille-Provence
Allocution de Vartan SIRMAKÈS Consul général de la République d’Arménie
Cocktail

15h. Palais des Congrès - Salle Callelongue
- Le Printemps d’Arménie - Avec Jean KEHAYAN Journaliste-écrivain
- Des liens du Cœur et l’Arménie
25 ans avec Action Santé Arménie France (ASAF) - Avec Avédis MATIKIAN Vice-Président de l’ASAF
- Tourisme en Arménie - Avec Bernard HATÉMIAN - Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie Franco-arménienne (CCIFA)
Lisa BANOYAN directrice de l’agence Byblos.

18h.30 Animation musicale
Danses folkloriques arméniennes par le groupe Yerevan Studio dirigé par Alena JAMGOTCHIAN

Toute la journée : carré des écrivains avec Valérie Toranian, Franz-Olivier Giesbert, Corinne et Richard Zarzavatdjian, Mathieu Madénian.


PAVILLON ARMENIE : 28 ANS DE FIDELITE À LA FOIRE INTERNATIONALE DE MARSEILLE

Depuis 28 ans et sans discontinuité l’Arménie est présente à la Foire de Marseille. Cela à l’initiative de la Maison Arménienne de la Jeunesse et de la Culture qui ne ménage pas ses efforts, avec le soutien sans faille du Conseil départemental et de sa présidente Martine Vassal. Qu’elle soit ici remerciée. En cette année de la Francophonie dont le sommet se tiendra en octobre prochain à Erévan, l’accent sera particulièrement mis sur le tourisme, première industrie du pays. La Chambre de commerce et d’industrie Franco Arménienne (CCIFA) œuvre pour la création d’une ligne aérienne Marseille-Erévan-Marseille.
L’Association Action Santé Arménie France affiche un bilan remarquable pour ses 25 ans de pratiques sanitaires en Arménie.
Le vendredi 28 septembre marquera la journée officielle de l’Arménie sous la présidence de Martine Vassal et de Vartan Sirmakes, Consul général de la République d’Arménie à Marseille. Cette journée aura pour invité d’honneur Ara Khatchadourian, l’athlète de l’extrême qui a vaincu l’Everest et qui vient de réussir le défi de couvrir les 4 550 kms séparant Marseille d’Erévan en courant un marathon par jour !  
Une journée d’animations musicales avec les micros de Radio RCF Dialogue Ararat TV, de la danse avec la troupe Yerevan Danse Studio dirigée par Alina Jamgotchian, du folklore, de la gastronomie avec le succulent livre de cuisine de Corinne et Richard Zarzavatdjian qui dédicaceront leur ouvrage au Carré des écrivains aux côtés de Mathieu Madénian, Valérie Toranian, Franz-Olivier Giesbert.

Bienvenue au Pavillon Arménie
Garo HOVSÉPIAN


Le printemps d’Arménie

Décidément l’Arménie ne cesse de se distinguer dans son évolution politique. Se souvient-on que sa sortie du soviétisme il y aura bientôt trente ans s’est opérée sans effusion de sang et sans qu’un coup de canon de l’Armée rouge n’ait été tiré dans les rues d’Erevan. Et à bien scruter la chronologie de l’Histoire, la fin de l’empire soviétique a débuté à l’ombre de l’emblématique Ararat. Est-ce un hasard ou simplement la preuve que les traditions démocratiques d’un peuple sont capables de faire tomber les montagnes ?
Regardons une carte du Caucase pour constater qu’à l’exception de la Géorgie aucun pays n’a expérimenté le pouvoir du peuple et les espoirs qu’il suscite.
Chacun le sait désormais, le printemps 2018 en Arménie est à marquer d’une pierre d’or dans les riches annales du pays. Les chancelleries s’apprêtaient à assister à un tour de passe-passe politique, semblable aux manœuvres de Poutine et de Medvedev lorsque l’imprévisible s’est produit. Dénonçant la manœuvre, un jeune député de 40 ans, a prononcé les paroles que la population attendait. Et en un geste de libération toute la population est descendue dans la rue pour clamer son ras-le-bol des magouilles et de la corruption. Un raz de marée, un tsunami démocratique qui a balayé le vieux monde en quelques jours.
Dès lors Nikol Pachinian est entré dans l’Histoire. Il a créé le premier grand mouvement post-communiste en donnant de l’espoir à ceux qui désespéraient de voir naître un régime que tout le monde appelait de ses vœux. Et le « dégagisme » a surtout concerné les oligarques, les mafieux et la vieille classe communiste agrippée au pouvoir.
Certes la corruption, ce fléau des temps modernes, les injustices sociales et la mise à sac des richesses du pays ne disparaîtront pas sans réagir. Mais désormais tous les espoirs sont permis en gardant le cœur chaud et la tête froide pour accompagner cette « révolution de velours » qui s’inspire de Nelson Mandela, de Vaclav Havel ou de Lech Walesa.
Bonne chance à l’Arménie nouvelle et aux nouveaux dirigeants qui peuvent dire avec Paul Eluard « notre printemps est un printemps qui a raison. »

Jean KEHAYAN
Journaliste et écrivain


Cours de langue

La MAJC organise des cours de langue Arménienne
Renseignements au 04 91 50 15 09 de 13h30 à 18h00 sauf mardi et jours fériés.

 

A la MAJC un débat d’idées permanent au service de l’information sur l’Arménité


Jubilé TRICENTENAIRE de l’Ordre des MEKHITARISTES
5 mars 2018-03-17

Le tricentenaire des Mekhitaristes à la MAJC

Le vent de l’Histoire a soufflé sur la Maison arménienne de la culture, rue Saint-Bazile. Son conseil d’administration présidé par Garo Hovsépian a brillamment marqué le tricentenaire de la congrégation des Mekhitaristes. Une histoire souvent méconnue du grand public et qui concerne un pan religieux très important de l’humanisme et de l’oecuménisme arméniens. Tout a commencé en 1717 lorsque l’abbé Mekhitar s’est vu offrir l’île Saint-Lazare au large de Venise, le dernière léproserie, pour y installer un monastère, le seul au monde qui a enrichi la culture universelle. Et à partir de cette époque la petite île va devenir un phare de l’arménité avec la création successive d’une imprimerie, d’une riche bibliothèque, d’un musée, d’une pinacothèque, etc.
Un lieu que des milliers d’Arméniens visitent chaque année et qui a doublé sa surface originelle avec l’autorisation de verser ses remblais dans la lagune. Les Mekhitaristes ont essaimé leur tolérance et leur vocation à servir l’arménité dans toute l’Europe avec 150 écoles de grand renom qui ont formé les élites de la diaspora comme celle de Sèvres toujours en activité mais aussi de Berlin, Vienne ou encore Istanbul. Par un édit Napoléon a permis les travaux d’agrandissement et le monde arménophile continue, à travers les siècles, à regarder le phare culturel qu’est devenu Saint-Lazare. Des orateurs de renom comme le professeur Gérard Dédéyan de l’université de Montpellier a souligné le rôle des Arméniens dans l’empire ottoman et la famille Dadian, spécialiste en poudreries, qui a fourni des érudits pour écrire la constitution ottomane, une riche famille chez qui les sultans avaient tables ouvertes jusqu’à l’avènement d’Abdul Hamid, le « saigneur » et boucher des Arméniens, annonciateur de la fin d’une entente harmonieuse ; des ecclésiastiques aussi comme le père Séropé Jamourian et Haroutioun Bezdikian. Ce dernier, un glotte-trotter, docteur en théologie a captivé l’auditoire de près de 300 personnes, subjuguées par cette histoire souvent méconnue, dans un français parfait et avec un humour qui a conquis les cœurs et les esprits.
Les diverses interventions ont été entrecoupées de chants a capella par les prêtres Komitas Tigranyan et Dertad Bazikyan de Marseille et par la soprano Arménouhi Khatchiguian. Une soirée culturelle et artistique qui marque d’une pierre blanche les activités de la MAJC.


« Le monde savait »

Pour marquer dignement le centième anniversaire du génocide, la maison de la culture a ouvert sa bibliothèque et ses documents d’archives pour prouver que dès 1915 « Le monde savait » à travers des coupures de journaux, des livres. Le public a pu réaliser qu’en quarante ans, notre bibliothèque possédait le fond le plus important réalisé en province, grâce au travail obstiné de Pierre Djarayan à l’affut de toutes les nouveautés.
Pour compléter ce panorama un nombreux public a assisté à une série de conférences-débats et dédicaces d’ouvrages données par de grands intellectuels répondant toujours présents aux invitations du président Garo Hovsépian qui devait présenter les invités et animer les débats.

Un moment fort : venu des Etats-Unis où il est exilé, l’universitaire turc Taner Akçam a fait un travail remarquable pour sortir de l’oubli les télégrammes dits « d’Andonian » toujours niés par Ankara. Une oeuvre de fourmi qui met dans une lumière crue la préparation minutieuse par l’armée ottomane et kémaliste du génocide des Arméniens, à travers des cartes et des messages militaires en libre circulation !




CLAUDE MUTAFIAN ET GERARD CHALIAND

L’historien Claude Mutafian a fait le point sur la situation du Karabagh ( désormais appelé Artsakh), cette petite république du sud Caucase en proie à une guerre « gelée » avec l’Azerbaïdjan. C’est Staline qui l’a offerte à Bakou en 1923 pour créer un foyer de tensions ethnique et religieux. Un diaporama fait de cartes et de photos prouvait que ce territoire a toujours été arménien.
A peine revenu d’Irak et de Syrie, Gérard Chaliand, le géopoliticien très médiatique a fait une escale chez nous. Une conférence placée sous le signe de l’amitié et de la fidélité à la MAJC et à son président qui rappelait le rôle de l’écrivain de terrain dans l’organisation en 1984 du tribunal des peuples chargé de juger le génocide. Tour à tour l’orateur a démonté les mécanismes des Etats-Unis et des puissances occidentales, la mise hors-jeu des Sunnites qui a concouru à l’effondrement de l’Irak sans solution de remplacement.
« La démocratie ne se décrète pas » devait dire l’orateur qui a mis en place les pièces du puzzle pour montrer qui est avec qui et pourquoi Bachar Al-Assad a été considéré comme un moindre mal dans la situation actuelle. Pour autant, le conférencier ne voit aucun avenir au terrorisme islamique et annonce un fiasco garanti dans cet Orient si compliqué, à feu et à sang.



SUD CAUCASE COMPLEXE

Même démarche érudite de Gaïdz Minassian, le grand reporter au journal Le Monde qui a éclairé la situation dans le sud Caucase.
Autre manifestation d’importance avec la parution à la
maison d’édition marseillaise du Cours Julien Parenthèses, Le mémorial du 24 avril de Téotig. Traductrice de l’ouvrage avec la regrettée Alice Der Vartanian, Houri Varjabédian est venue animer une fort intéressante soirée où avec un réel talent de conteuse, elle a fait revivre l’écrivain, auteur de très nombreux almanachs qui ont scandé la vie intellectuelle en Turquie pendant des années. Miraculeusement rescapé de la rafle du 24 avril 1915 qui a décimé les élites arméniennes d’Istanbul, Téotig (en prison à cette époque) a été chargé par sa communauté d’établir la liste du martyrologue afin que nul n’oublie les noms de ceux qui ont été passés au fil de l’épée pour la seule raison qu’ils étaient l’élite arménienne de Turquie. Et il ne retrouvera plus personne dans sa ville ensanglantée.
Houry Varjabédian a fait revivre Téotig, un joyeux drille cultivé, plein de fantaisie, curieux de tout, témoin vivant de ce que fut la vie à Istanbul dont il connaissait chaque méandre. Il laisse une véritable bible pour toute l’humanité qui ne se résigne pas à l’oubli.
Signalons aussi la prestation très remarquée de Florence Ritter. Correspondante de Nouvelles d’Arménie Magazine à Erévan, la journaliste a fait un état des lieux sans concession de notre petite république du Caucase en proie à de grandes difficultés économiques mais avec une jeunesse dynamique porteuse d’espoir.
A noter aussi qu’au nombre de ses manifestations, la MAJC a reçu Henry Cuny qui fut un exceptionnel ambassadeur de France en Arménie au point de faire de ce pays sa deuxième patrie, un poète, arménophile convaincu, capable de prononcer un discours dans la langue de Mesrob Machtots qu’il avait apprise sur place.
Rencontre étonnante et pleine d’espoir avec un groupe de jeunes Arméniens de Turquie Nor Zartonk (la nouvelle renaissance) en escale à Marseille dans leur tournée européenne au service de leur combat pour faire connaître la vérité sur le sort des Arméniens dans l’empire ottoman : à voir leur enthousiasme on comprend que la relève pour le devoir de mémoire est assuré de façon très positive et l’on peut affirmer que ces Turcs jeunes ne sont pas des Jeunes Turcs au sinistre passé !
Dans le même ordre d’idée des témoignages et des ouvrages bien documentés ont fait vivre le Dersim et la grande saga des Vanetsi avec Jean-Pierre Kibarian qui a consacré une partie de sa vie à des recherches sur cette région frontalière de l’Arménie.
Chacun le sait : nos liens et notre attachement au journal Haratch sont des vérités inscrites dans le marbre. Aussi avons-nous honoré la mémoire de la regrettée Arpik Missakian qui a porté à bout de bras le seul quotidien arménien en Europe, créé dès1925 par son père Schavarch. Elle a pris la relève en 1957. Une soirée émouvante en présence de sa fidèle collaboratrice Arpi Totoyan, de Claude Mutafian et de Garo Hovsépian qui fut le correspondant du journal dans le sud de la France pendant quarante ans. Un relais d’information qui a participé à la restructuration de notre diaspora et à sa résilience comme l’a rappelé Boris Cyrulnik en remettant la légion d’honneur à notre ami Jean Kehayan devant une salle comble. Schavarch Missakian fut aussi à l’honneur pour la parution de L’Innommable un livre de souvenirs qui retrace le calvaire en Turquie du père du grand penseur en présence de son traducteur Krikor Beledian : un tour de force que l’on doit, une nouvelle fois, aux éditions Parenthèses qui mènent depuis des décennies un travail éditorial remarquable au service des racines de Varoujan Arzoumanian, un des pères de la maison d’édition au très riche catalogue. C’est Arpik qui, avant sa disparition, a tenu à ce que livre soit en version originale.
Lieu commun que de dire que chaque arménien est porteur d’un récit du passé. L’écrivaine et journaliste Valérie Toranian a mis sa plume au service de la mémoire de sa grand-mère Aravni : un livre sensible qu’elle a évoqué avec une grande émotion. (Flammarion)
En partenariat avec l’association ARAM, Anouche Kunth s’est déplacée pour évoquer son récit érudit sur les Arméniens du Caucase en exil à Paris ayant fui le soviétisme, eux qui, grands bourgeois, politiques, militaires, musicologues et écrivains tel Henry Troyat vivaient dans le faste grâce à l’or noir de Bakou. (Belin)
Une riche et étonnante littérature à lire sans modération à la librairie de la MAJC.



L’ARTSAKH A LA FOIRE DE MARSEILLE

Une nouvelle fois, les bénévoles de la MAJC ont animé le stand de l’Arménie à la Foire de Marseille qui perdure depuis les premiers jours de l’indépendance. Et c’est avec fierté que l’on peut affirmer que le Yérakouïn a flotté pour la première fois sur notre ville en septembre 1991. Cette année l’accent a été mis sur l’Artsakh, ainsi dénommé officiellement en remplacement du Karabagh aux consonances azéries et russes.
Ce n’est qu’un début, le combat continue pour cette maison arménienne qui avance à pas assurés vers ses cinquante ans d’existence.
Merci et bravo à tous ces bénévoles qui portent haut et loin une arménité soucieuse de pérennité dans la défense de la culture des aïeux massacrés.
Et on ne le dira jamais assez : lisez et faites lire les ouvrages consacrés au vieux pays et à son histoire.

 

 

 

 

 

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