Actualités de la MAJC

-

LA MAISON ARMENIENNE DE LA JEUNESSE ET DE LA CULTURE

Très affectée par le décès de
PATRICK DEVEDJIAN

exprime sa vive émotion et sa tristesse infinie à son épouse et à sa famille et leur adresse ses condoléances.
La France et la Cause Arménienne ont perdu un grand, généreux et noble serviteur qui a toujours fait honneur à ses engagements et à ses racines.

Article de "la Provence"


hommage2



FermetureMAJC


Bakou 27 fevrier 2020

Jeudi 27 février 2020

Compte-rendu de l'Anniversaire : Honorer la mémoire des martyres de Bakou

Trente ans. Déjà trente ans. Mais c’est si près de nous et de nos mémoires. C’est en ces termes que Garo Hovsépian, le président de la Maison arménienne de la culture introduisait une soirée exceptionnelle  dédiée aux pogroms qui ont endeuillé pendant plus d’un mois l’Azerbaïdjan, lorsque les autorités soviétiques ont laissé libre cours aux sentiments d’arménophobie latente dans la population de Bakou, de Kirovabad ou encore de Soumgaït. C’était il y a seulement trente ans quand Moscou pressentait que les mouvements nationaux dans le Caucase sud étaient porteurs des prémisses du délitement de l’empire. On sait aujourd’hui que Staline avait fait de cette région des états confettis pour mieux dresser les ethnies les unes contre les autres. Arménie et Azerbaïdjan mais aussi Tchétchénie et Ingouchie, etc. Bref diviser pour mieux régner : tous les pouvoirs connaissent la chanson. Ainsi en une semaine de violences terrifiantes, sur les  300 000 Arméniens d’Azerbaïdjan seuls 25 000 devaient survivre à la barbarie. Arrivées tardivement les forces de l’ordre fermèrent les yeux et laisseraient faire pendant trois jours. Rouben Kharazian, le consul de la république d’Arménie à Marseille devait faire un état des lieux à l’aide d’images, de témoignages, de listes de victimes, de cartes, de déclarations de témoins oculaires racontant les scènes de pogroms, aussi violentes que les récits du génocide de 1915 perpétré par les Turcs. Comme si l’histoire bégayait à nouveau pour écrire des pages noires du peuple martyrisé par l’histoire. Pourtant tout le monde s’accorde à dire que les Arméniens ont joué depuis la nuit des temps un rôle positif en Azerbaïdjan tant sur le plan culturel qu’économique. N’est-ce pas Kalouste Gulbenkian qui a inventé le système de vannes pour l’extraction de ce pétrole qui a fait la richesse de Bakou ?
A la suite du consul, une jeune historienne, Taline Papazian, docteure en science politique, maître de conférence à science-Po Paris et chercheuse associée à l’université de Los Angeles, auteure d’un ouvrage intitulé « L ‘Arménie à l’épreuve du feu » faisait une analyse très documentée sur les événements sanglants, leur pourquoi et leur comment, la lucidité du Comité Karabagh qui a compris que politiquement cette enclave représentait ni plus ni moins que le droit à l’existence des Arméniens, que l’URSS, contrairement au discours officiel n’était plus une garantie de sécurité géopolitique face aux exactions de la Turquie. On sait dès lors comment les événements se sont précipités et que les pogroms, la fuite des Arméniens vers le Karabagh et le départ des Azéris ont été l’étincelle qui a mis le feu à l’empire communiste que Gorbatchev s’évertuait à sauver. Trop tard, la volonté des petits peuples à disposer d’eux-mêmes était plus forte que les avions et les chars de Moscou. En une soirée le consul et l’historienne ont ravivé la mémoire des victimes de Bakou. C’était il y a trente ans seulement. Grâces leur soient rendues.

J. K.                                                      


Loto recto

--------------------------------

2020 Voeux MAJC HR 1